humaniterre

se raconter pour comprendre les autres

02 janvier 2008

JOUR DE L'AN

Le jour est plein de bombes. Le ciel pur et dur sur la bacchanale urbaine ;seul le ciel perdure pendant que je marche vers l’Est avec tous les autres pèlerins qui ont perdu la boussole. C’est la parade des gens qui ont perdu le nord. La conscience coincée dans sa boite crânienne n’en sortira jamais ,même en taxi ,autour de quoi la mort est en maraude. Le prévôt roule des mécaniques ,en lorgnant sur Aisha qui ,tel un plateau d’argent,tient son innocence en équilibre sur des talons aiguilles ;pendant que dans le port des bateaux les cornes de brume mugissent, tels des monstres marins à l’arrêt, dans la baie ,d’où ils saluent la mort d’une nouvelle année.Le comput du temps.C’est dur de durer.Que deviendrais je sans les mots formés dans le ciel, par les nuages du Poéte, qui de ses mains transis souffle des baisers vers l’horizon, où nous attend un avenir radieux truffé d’acier tranchant,avec l’orage qui couve déjà dans les tasses de café et l’horreur qui crie sur tous les toits de la ville, où la vérité circule sans papiers.La sagesse est en solde, imprimée entre les ligne alors que la vieillesse serre les dents devant les fruits doux de la jeunesse.Dans la ville , la vie en crue déborde sur la chaussée, où les automobilistes cédent le pas aux pietons de la destinée..J’ai vécu comme j’ai pu ;j’ai aimer comme s’aiment des aveugles ; plongée dans la nuit des sentiments ;moi aussi on m’a aimer comme un objet trouvé ,qui a su très tôt qu’il était trop tard. Il y’a des signes qui ne trompent pas. Car le Maktub est fidèle et polygame. Allez une dernière pour la route, où tous les trois ou quatre pâtes de maisons, se succèdent les mendiantes qui tendent les mains au passage du chrome acéré des 4x4 ,qui passent tels des chars romains, fendant leur chemin dans la chair vive de la plèbe, sur quoi la pluie reviendra rincer la sueur le sang et les larmes .Il n’y a plus de désolation ; il n’y a plus que de l’information à destination de la postérité.

Posté par fratrie à 17:06 - journal intime - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Superbe texte Farid. Superbe et terrible. En le lisant j'ai ressenti le frisson des hivers doux d'Alger et les peurs anciennes sont revenues à la surface, comme des braises mal éteintes. Merci pour ce texte. Des gens comme toi doivent tenir bon et publier pour être lu par le plus grand nombre. Bisous

Posté par Laurence, 02 janvier 2008 à 22:45

Laurence

Merci pour ce commentaire qui témoigne que malgré la distance ton coeur souffre de ces "braises mal eteintes".

Posté par farid, 05 janvier 2008 à 10:25

Bonjour Cher ami Farid

Je ne connais pas l'Algérie, sinon que je me souviens d'un livre de Yasmina Khadra qui m'avait bouleversée. C'était tellement bien écrit que je me sentais là-bas dans ton pays accompagnant ces femmes dans les ruelles de la ville dont je sentais même les odeurs. Je ne sais pas si j'irai un jour en Algérie, c'est possible vu mon attrait pour la culture arabe et islamique. Si jamais je passe par là je viendrai griller une cigarette avec toi sur le pas de la porte, même si je ne fume plus depuis longtemps :-).
Gros bisou à toi le grand écrivain de là-bas.
Yasmina

Posté par Yasmina, 06 janvier 2008 à 20:10

tu as la force de vivre, c'est énorme, comment dire ce que je ressens en ce moment quand j'entends ou je lis "Algérie".... je crois que tu comprends. e pense au peuple algérien, mon coeur se tord.

Posté par passagère, 08 janvier 2008 à 10:39

Bonsoir Farid.... un petit post pour te dire que j'ai lu ton texte, ta souffrance...et le tourment qui t'habite...Je pense à vous...et je tremble chaque fois que j'entends parler d'attentats... cela finira-t-il un jour ?
bises

Posté par loula, 08 janvier 2008 à 18:44

Yasmina

Que ton reve soit un jour exaucé pour qu'à Alger ou Bruxelles nous puissions un jour nous rencontrer dans le monde réel.bisous.

Posté par farid, 09 janvier 2008 à 12:02

Passagère

Tu me l'as dit une fois:"j'ai mal à l'Algerie" et tu dis vrai car à force de souffrance les pays qui dans nos tetes sont des entités abstraites et lointaine deviennent pareilles à des personnes proches et torturées.

Posté par farid, 09 janvier 2008 à 12:05

Loula

la question que tu poses est celle que nous nous posons depuis quinze années:"cela finira t'il un jour".Bise

Posté par farid, 09 janvier 2008 à 12:09

Un petit bonsoir de Perpignan où je séjourne une semaine chez ma mère. Le 21 janvier mon ami d'Alger, Mustapha Benfodil viendra à Paris, puisque une de ses pièces "Clandestinopolis" sera éditée et bientôt jouée en France. J'en parlerai sûrement sur mon blog, le moment venu

Posté par Laurence, 10 janvier 2008 à 22:28

Laurence

"Clandestinopolis" est -comme tu le sais ,toi qui aime ce pays(ALGERIA);"Clandestinopolis" disais-je n'est pas voisine de "Constantinople" mais mitoyenne de "Trabendocity" ,le bled où de temps à autre je fais mes courses.Rien que pour le titre j'ai hate d'acheter la piéce de Mr Benfodil,si par bonheur elle se trouve sur le marché local.Bise

Posté par farid, 11 janvier 2008 à 17:57

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