humaniterre

se raconter pour comprendre les autres

22 août 2007

NADA.

images

J’ai revu le lézard.

Il a glissé sur la nappe de lumière étendue sur le pilier. Il est entré dans l’ombre du feuillage.Je me suis dit «   une créature vivante ! »réflexion stupide et quasi-pléonastique… je l’ai imaginé tenant dans ma paume,j’ai pensé « tenir une vie dans sa main »...Sa texture, ses vibrations, ses ondes , le battement de son cœur. J’ai pensé[le verbe pensé est je le pense fortement sous-employé] aux alevins qu’une fois, je ne sais où, frétillaient dans mes paumes réunies comme pour me désalterer…D’ailleurs c’était de l’eau de mer  qui les remplissait ;donc imbuvable…Je me suis dit il n’y’ a rien faire,je suis prisonnier  du vide.Avant que cette pensée n’éclose en moi[mataphore botanique]combien de déserts ai-je traverser, au point que c’est lui-le désert-qui me traverse à présent comme un autoroute qui conduit vers nulle part… Combien ont fait le voyage sans retour ; combien comme moi sont restés sur le bord du chemin avec le regard à hauteurs des enfants qui circulent et gambadent avec les chiens…… Comme j’avais les dents serrées j’ai voulu parler. Mais parler sans rien dire,juste en tapant sur les touches… car il n’y’à rien a dire pour combler le vide ;c’est trop grand le vide ;tout l’univers ne serait pas de trop pour le combler.Parler avec des métaphores c’est pour vous épargner relecture épuisante de récits circonstanciés et lacrymogènes…

Après coup j’ai su que je n’avais penser cela que pour faire semblant d’agir ;c'est-à-dire me lever du banc, retourner au living[en fait c’est un mixte entre la salle manger style international et le bureau style inusable] et pianoter sur le clavier, à l’ombre des jeunes filles  en fleurs, dont les pétales donnent naissances à tant de feuilles noircies par des femmes et des hommes ,prisonniers du vide comme je le suis…

« Se relire pour qui, pourquoi ?! » s’est inscrit sur l’écran de ma conscience.On devrait etre attentif à ce qu’affiche l’écran de la conscience, c’est indispensable si on désire échapper à la vie en pilotage automatique qui se crashe sans prévenir… Comme la vie n’a pas de remèdes, c’est que logiquement’il n’y’à pas de mal.Quelque chose qui n’a pas géneré de medicament depuis son apparition, ce n’est pas de la maladie,non ? Oui  mais la souffrance ?! allez dire donc qu’il n’y’à pas de mal à un type en proie à une rage de dent !Il vous répondra que les dentistes soignent le cerveau !Oeil pour œil dent pour dent !...

Je ne suis pas de taille à philosopher même si les constructions de l’esprit m’aident à supporter le vide. Pour avoir une idée du vide, il faut se rendre compte de la distance qui sépare les atomes. La matière  c’est plein de vide entre les choses, comme les trous d’un tamis ou d’une boule de gruyère. Forcément ensuite les écrivains peuvent affirmer des choses grandiloquentes telles que« les humains sont séparés par des années lumière »…Quand on  pense à l’espace qu’il y’a entre les points de suspension, ça donne le vertige et on imagine la solitude du point-virgule…A propos de séparation j’informe mes trois amies virtuelles qui ne se manifestent plus sur mon blog depuis un certain temps que nous n’avons pas encore officialiser le divorce et que les contacts sont encore autorisés…Vous verrez ça sera une nouvelle lune de miel…Mmmm…

.Encore et toujours la flemme écrasante…Quelques circonstances exténuantes :la chaleur ;le taux d’humidité ;le désert urbain et l’aridité de ses transports en commun qui sur les cotes-zée- les colline-de la ville blanche-avancent et se tortillent telles des grosses chenilles conduites par des siciliens désabusés…Je me demande si ce n’est pas un pléonasme « un palermitain désenchanté » ? pareil pour « un algérois désabusé » ?..Avez vous remarqué que dans les fictions et les docus de l’époque  du noir et blanc les siciliens ont toujours une barbe de quelques jours pour accentuer le coté ethnographique…     De nos jours c’est l’arabo-musulman qui est dénoncé comme louche par son système pileux ,dans les caricatures où pour illustrer les problèmes de l’actualité…Et si Ben Laden se cachait sous la    barbe de Santa-Claus ?! trauma définitif pour Nassim   mon petit neveu qui croit que la barbe du père Noël n’est pas un postiche !!!

Quand je serais mort j’arrêterais de fumer…En attendant je travaille à m’arrêter de respirer…Je me demande ce que je donnerais pour être à coté de la dame de mes pensées ?Mais est ce une bonne idée d’être à ses cotés vu que son absence me donne matière à penser sous forme d’idée fixe…Si ce n’était elle le vide serait complet et m’engloutirait !!!Alors c’est logique qu’elle m’obsède  et me passionne !Sans les pensées inlassables que je lui consacre ,je serais avalé par le trou noir…Encore un pléonasme !si un trou est un espace vide de matière, normal qu’il soit noir vu l’absence de raréfaction de la lumière ?! non ?[bref accès narcissique sous le masque de la bonne vieille culture générale]

Tout à l’heure, après le petit-déj si on m’avait dit que j’écrirais une page,je l’aurais pas cru…Mais qu’est ce que que ça change quand on vit au bord du précipice !..toujours les grands mots ; le pathos !...En fait je suis un oisif dans l’âme…Les indulgents disent que je suis un contemplatif; sauf que c’est dans mon nombril que je regarde…Nombril mon beau Nombril….Le mot nombril me fait penser à danse du ventre et ça m’excite.. Je parle de la vrai danse du ventre, pas de la chorégraphie pour régime minceur…Bon j’arrête, faute d’exutoire, je risque de faire un pic de tension…Reste qu’il y’a encore toute une journée a tirer , faute de mieux…

Posté par fratrie à 18:20 - journal intime - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Une chose m'échappe : pourquoi persistes-tu à attendre une solution d'autrui (si j'ai bien compris) alors que ta sagesse devrait te l'interdire. Ta puissance intérieure devrait te permettre de te détacher de ce qui te plombe. Croire que l'on a une personnalité arrêtée, des névrosent insurmontables n'est que croyance et nous coule les pieds dans le béton. Je crois davantage au pouvoir spirituel que l'on a sur soi-même pour changer qu'à la fiction qu'est notre personnalité. Tu as ce pouvoir de te réveiller demain nouveau, conquérant, généreux. Cultive ce pouvoir.
Quant à tes amies virtuelles qui t'abandonnent je serais contrariée que tu me compte parmis elles. D'autre part, si j'étais toi, j'utiliserais le mot "ami" avec plus de prudence. Mais je ne suis pas toi et nous ne donnons pas aux mots les mêmes valeurs, j'imagine.

Posté par Kitty78, 23 août 2007 à 08:48

J'aime ce texte,parce qu'il balance justement entre journal et littérature,presque malgré toi, tu te laisses piéger par l'humour et le recul (faussement sage que tu as sur toi-même et les autres)Désabusé?Peut-être, mais je ne suis pas sûre que ce mot signifie plus de choses que la "mélancolie" du 19em siècle, qui était aussi tournée vers le "nombril" Non? Bisou amical!

Posté par Laurence, 23 août 2007 à 16:06

Kitty

Ce n'est pas une solution que j'attends d'autrui. D'autrui j'attends une aide immatérielle. Je pense que nous sommes pareils en cela toi et moi. Mais nous exprimons cette attente différemment. La sagesse consiste a reconnaître aussi ses besoins .les miens sont differents des tiens qui ne t'obligent pas pour leur réponse a faire ce striptease de vieux à quoi je me livre avec fierté ,parce ce que l'on nomme de façon très vague littérature se nourrit de ce que mon frère hypocrite le lecteur ne parvient pas à avouer aux autres. Quand à ma puissance intérieure, si tant est qu'elle soit réelle,elle se nourrit en premier lieu de mes faiblesses, que je ne confonds plus avec bassesses mais que j'accepte comme étant mes richesses. En rédigeant cette réponse à ton commentaire je comprends aussi que ce "qui me plombe" est également ce qui me rend lucide.La névrose dont tu dis qu'elle coule nos pieds dans le béton, cette névrose selon mes derniers information est la chose la mieux répandue dans ce monde où la masse de nos désirs inassouvis nous trace le chemin dans le mystère et dans l'inconnu. Je suis d'accord avec toi lorsque tu dis que nous n'avons pas de personnalité arrêtée. Encore que de grandes oeuvres témoignent que nombreux sont celles et ceux qui ont chercher à faire évader de sa prison la personnalité arrêtée. Mais le pouvoir que tu me confères de me réveiller demain victorieux ,à mon regret n'en ai pas eu le don , je dois me contenter de ce doute que la vie m'a fait don. La franchise sénile ou infantile qui caractérise mes écrits me poussent à t'avouer que j'ai ressenti ton absence de mon blog,où le genre d'interventions pertinentes comme celle dont tu viens de me faire le cadeau me rassure sur la similtude de nos conceptions quand au mot "ami(e).bisou.

Posté par farid, 23 août 2007 à 18:22

Laurence

A force de balancer entre journal et littérature, je crois que finalement je vais désigner par le nom d’oscillation ces textes que je donne en pâture à mon ego sur ce site. l’humour à quoi je me risque est de façon compulsive une réaction saine au pathos avec quoi je charge lourdement ces mêmes textes. D’ailleurs je ne sais qui de ma nature joviale ou de ma déprime reflète vraiment ma personnalité qui doit être une mosaïque affective comme celle de mes semblables(le pédantisme étant par ailleurs un des effets de mon narcissisme dont la seule utilité est de me pousser à afficher mes phrases en publique).Désabuse est un euphémisme pour désigner l’émotion à quoi je suis en proie le matin quand je tente de démarrer la journée en regardant les infos, ce que tu en conviendras est déconseillé pour entamer la matinée.A propos de « la mélancolie » dont tu dis qu’au 19eme siècle elle était tournée vers « le nombril » je te suggères la lecture d’un volume salubre intitulée « les critiques de la psychanalyse », édité aux P.U.F (editions delta) et dont justement les auteurs rappellent que jusqu’à la fin du 19eme siècle on parlait de « passion » à propos de ce que le vieux gourou viennois rebaptisa « fixation »…Bisou

Posté par farid, 23 août 2007 à 18:47

je te lis, je vais sur le balcon, j'essaie de deviner la ille blanche de l'autre côté de la mer, ça ne marche pas....j'ai mal à mes racines.

Posté par passagère, 23 août 2007 à 21:49

Passagére

Normal que tu n'arrives pas en ce moment à distinguer depuis ton balcon la ville blanche vu le temps brumeux et crachouilleux qui l'habille depuis 4 jrs.Ici quand le soleil s'éclipse la ville ressemble à la face démaquillée d'une sirene centenaire...Pour les racines je confirme, c'est douloureux,mais tu n'as pas perdu au change.

Posté par farid, 24 août 2007 à 15:15

comment savoir...? la réalité quotidienne est certainement plus facile à vivre ici, mais où est l'âme...?

Posté par passagère, 25 août 2007 à 00:14

Passagere

L'ame dont tu parles doit ressembler à la vie presque naurelle que tu viens de vivre à l'ombre du clocher d'un village.Cet ame là doit se trouver dans les endroits où les bipédes n'ont pas totalement remplacer leur jambes par quatre roues.Si tant est qu'elle existe ici j'aimerais bien échanger l'ame locale contre un artefact climatisé à l'etranger...

Posté par farid, 25 août 2007 à 12:32

bonsoir Farid

Bonsoir Farid... moi je suis dans le brouillard avec ton texte...il fait très chaud ce soir... j'ai passé une partie de l'après midi à écouter parler de Lisbonne,à regarder des images de ce pays défiler sur un écran, à manger, et je suis épuisée...
Je reviendrai ..
Bises
Loula

Posté par loula2, 26 août 2007 à 22:59

Un petit bonsoir de Bretagne Farid. Une pensée, un passage histoire de lire tes réponses..Cette correspondance devient familière, donc amicale...non?
Bisou

Posté par Laurence, 27 août 2007 à 22:28

Loula

A propos de brouillard,ici les nuits sont voilées et les journées de plomb! on suffoque!Mais pas de quoi se plaindre lorsqu'on voit le sort des malheureux grecs...Au sujet de Lisbonne je trouve que c'est une ville dont on parle peu et dont l'iconographie demeure assez confidentielle...Mais comme dit le diction"pour vivre heureux vivons cachés"...

Posté par farid, 28 août 2007 à 10:28

Laurence

J'avais 8 ans lorsque en colonie de vacances j'ai découvert la Bretagne, où en 1960 j'ai passé quelques semaines dans la commune de Plouescat,qui recemment a fait la une avec un tragique fait divers...La bretagne c'est l'irlande francaise...Un coin de reve au bout de la terre...

Posté par farid, 28 août 2007 à 10:33

Farid, je n'ai pas la clim.....! ici, certes, ce n'est pas la violence que j'imagine aisément, mais on va rapidement vers une autre sorte fort dangereuse....

Posté par passagère, 28 août 2007 à 12:48

Passagére2

Aprés reflexion, je persiste: j'échangerais ma condition ici meme sans la clim là-bas et meme avec spectre inquietant qui te parait se lever sur votre relatif confort...

Posté par farid, 28 août 2007 à 20:31

Bonjour ami de là-bas,

J'étais déjà passée plusieurs fois pour lire ce texte, mais n'osais pas y répondre car mon esprit et mon coeur étaient occupés ailleurs, pour un projet important.
Aujourd'hui, c'est dimanche, je suis plus "cool" et je te relis avec beaucoup d'émotions.
Tu as, cher ami de là-bas, la faculté de percevoir à l'intérieur de toi ce que l'énergie de cohésion de ta personnalité et la dépendance que tu as du monde matériel s'emploient à masquer.
Je pense sincèrement que ce blog est ta "thérapie" qui te permet, par le fait de revivre le passé et d'affirmer le présent tels que tu les ressens, d'encore te découvrir dans ton intérieur (c'est un défi, quoiqu'on en pense) et de donc de mieux t'ouvrir, plus libre, vers l'extérieur. je sens imperceptiblement un changement positif, heureux, cette façon, comme le dit si bien Laurence, de balancer tes maux entre journal intime et littérature, tu commences ressembler de plus en plus à Paul Auster, ou bien est-ce moi qui donne un dénominateur commun positif aux gens que j'aime.
Tu es un ami pas banal, Farid !!
Yasmina

Posté par Yasmina, 02 septembre 2007 à 10:18

Yasmina

Merci de ton appreciation qui m'encourage a perserverer dans cette écriture qui est mon langage à moi comme elle l'est pour beaucoup d'autres.

Posté par farid, 02 septembre 2007 à 17:57

Farid
Tu sais lire en toi toutes tes émotions et tu sais les retranscrire.. et avec du style...j'aimerai bien comme toi, poser des mots avec autant de talent..mais je ne sais pas...
Cet après midi, j'ai revu ma copine qui vit à Bône... elle est pour quelque jours à Toulouse..
Bises
Loula

Posté par loula2, 02 septembre 2007 à 22:53

Loula

Apres 55 ans je n’ai pas grand mérite a savoir lire et retranscrire mes émotions, d’autant que depuis des lustres et des lustres je suis mon principal objet d’études, avec d’ailleurs une complaisance scandaleuse. Ton amie de Annaba [ex-Bône francaise /ex-Hippone(romaine)]a vraiment de la chance de pouvoir revoir ses amies d’enfance installées en France. Je garde le souvenir de Jacques un condisciple du cours préparatoire avec qui j’étais inséparable et dont je conserve précieusement les photos de classe sans savoir s’il partage la même nostalgie .bise

Posté par farid, 04 septembre 2007 à 12:21

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